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L'Atelier de la République

L'Atelier de la République est un Think Tank indépendant, Humaniste et Progressiste qui place l'Homme au centre de ses réfléxions.

« Flexisécurité, crise, fonctionnement des institutions, interview de Gérard Larcher »

Gerard LARCHERGérard Larcher Sénateur des Yvelines, ancien Président du Sénat et ancien Ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes, dans cette interview réalisée par Jean-François Fusco pour l’Atelier de la République nous livre son analyse sur la flexisécurité, la gestion de la crise économique et le cumul des mandats.

 

Jean-François Fusco - L’Atelier de la République : Que pensez-vous de l'équilibre des forces et du fonctionnement actuel du Sénat ?

Gérard Larcher. Le Sénat est devenu en 18 mois la Maison du chaos ! Alors qu’il doit être un balancier stabilisateur dans notre système bicaméral, il est devenu peu audible car la majorité socialo-écologiste-front de gauche avance en ordre discordant. Le Sénat, et je le regrette au plus haut point, n’est plus en capacité de faire valoir ses travaux de qualité et ses prises de position, détachées des contraintes partisanes, qui font sa spécificité. La représentation de nos territoires, mission constitutionnelle du Sénat, n’est plus aujourd’hui correctement assurée.

Quelle est votre position sur le cumul des mandats ?

Je suis résolument opposé à l’interdiction totale d’exercer deux mandats. En effet, je suis favorable à l’exercice simultané d’un mandat de parlementaire et d’un mandat exécutif local car pour moi, être parlementaire et être membre d’un exécutif local est une forme de garantie d’être un élu du concret et non d’un appareil politique. Pour ma part, le fait de participer aux activités du centre communal d’action sociale, du conseil de surveillance du centre hospitalier …s’inscrit essentiellement et naturellement, dans l’exercice du mandat de maire. C’est sur les conflits d’intérêts qu’il faut être exigeant.

Que pensez–vous du scrutin binominal ?

L’élection des élus départementaux au scrutin binominal est une très mauvaise idée,, même si je partage l’objectif de parité. Mais cette quête de parité a fait oublier d’autres objectifs constitutionnels tout aussi importants tels que le respect du pluralisme et la garantie de la représentation des territoires. Or, le système proposé a une conséquence forte et négative sur la représentation et l’organisation des territoires ruraux.

C’est pourquoi une proposition de résolution sur les droits et libertés des collectivités territoriales pour rappeler la lettre et l'esprit de notre Constitution défendue par le groupe UMP du Sénat a été voté à l’unanimité par tous les sénateurs de l’opposition comme de la majorité. Un principe cardinal prévaut : la commune est l'échelon de base de notre démocratie locale, elle est le pivot de l'organisation et du dialogue territorial. La clause de compétence générale est un droit inaliénable de nos communes. Le respect du principe de subsidiarité est fondamental. Or nous sommes inquiets des propositions du Gouvernement, aujourd’hui au pouvoir : des métropoles dominantes, des intercommunalités démesurées, le gel des concours aux collectivités; un département coquille vide, l’ignorance de la ruralité ...

Le gouvernement a retiré en catastrophe son projet de loi sur la décentralisation. Une mission commune d’information sur l’avenir de la décentralisation a été demandée par le groupe UMP du Sénat. Nous serons les gardiens vigilants des collectivités territoriales.

Comment voyez-vous la gestion de la crise économique et sociale par le gouvernement actuel ?

Le Président de la République et son gouvernement, malgré leurs incantations marketées, ne prennent absolument pas la hauteur nécessaire face à la gravité de la situation. Le chômage de masse que nous connaissons représente un véritable cancer qui nécessite d’agir dans trois directions simultanément : la compétitivité des entreprises, la formation, la consommation. Or, le gouvernement a surfiscalisé les classes moyennes, qui sont les premiers acteurs de la consommation, ainsi que les entreprises, qui ne peuvent plus ni investir, ni embaucher. Cherchez l’erreur ! Et il n’y aura pas inversion de la courbe du chômage sans croissance !

Que pensez-vous de la flexisecurité sur le marché du travail ? Vous avez œuvré dans l'écoute et le consensus avec les partenaires sociaux sous le gouvernement Villepin, que pensez-vous de la méthode actuelle dans la négociation pour la flexisecurité ?

L’accord national interprofessionnel que les partenaires sociaux ont signé en janvier dernier est une avancée réelle. La flexisecurité est la seule voie possible si nous voulons permettre à nos entreprises d’affronter la crise et de créer des emplois. Il instaure plus de souplesse pour les entrepreneurs – en termes de mobilité des salariés, d’ajustement du temps de travail en cas de variations de la conjoncture – en contrepartie de plus de garanties pour les salariés – en matière de formation, de protection sociale, de droits rechargeables...

Réforme hospitalière. Quel est le constat actuel ? Comment voyez – vous l'action du gouvernement sur la santé ?

La loi HPST, loi fondatrice pour un hôpital moderne, et celles qui ont suivi ont permis des avancées importantes et concrètes prenant en compte les évolutions et les mutations de notre système de santé. Notre système de santé et de protection sociale est soumis à la question de la soutenabilité économique et à la contrainte financière, sous l’effet du « changement du monde » que nous connaissons. Les Français sont confiants dans leur système mais de plus en plus inquiets quant à son devenir.

Nous souhaitons tous garder un service public hospitalier fort dans un environnement de confiance et d’équilibre budgétaire. Il sera fait d’établissements de statuts différents.

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Portrait

AJAlain Juillet,
Président du Comité d'Orientation de l'Atelier de la République

 

Président du Forum International des Technologies de Sécurité (FITS), ancien capitaine d’Industrie, il fut le directeur du renseignement de la DGSE entre 2002 et 2003, puis en charge de la cellule Intelligence Economique à Matignon jusqu’en 2009. Il préside le Comité d’Orientation de l’Atelier de la République assure la Vice-présidence de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.


 

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