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L'Atelier de la République

L'Atelier de la République est un Think Tank indépendant, Humaniste et Progressiste qui place l'Homme au centre de ses réfléxions.

Interview de Jean ARTHUIS

Jean ARTHUISJean ARTHUIS,
Sénateur de la Mayenne,
Président du Conseil Général de la Mayenne,
Vice-Président de l'UDI, chargé de l'Europe

Interviewé par Adam Baïz, Administrateur de l’Atelier de la République, Co-Fondateur d’ARCADE, conférences-forums inter-écoles.

Adam BAÏZ : Vous êtes en faveur de la création d’une autorité politique européenne forte : quels en seraient les contours et les modalités d’action ?

Jean ARTHUIS : A l’heure de la mondialisation, la souveraineté des Etats membres devient illusoire. Nous le constatons en matière  monétaire, économique et financière, d’immigration, de politique énergétique, de lutte contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux, de défense et de diplomatie. L’Union européenne reste une addition d’égoïsmes nationaux. Elle produit des normes juridiques, met la concurrence au service des consommateurs, au risque d’étrangler les producteurs, négocie des accords commerciaux et exécute un budget de redistribution, privé de ressources propres, dont le montant n’excède pas 1% du PIB. Elle est pilotée par quatre présidences : le président du Conseil, le président de la Commission, le président de l’euro-groupe, le pays qui préside pendant six mois le Conseil des ministres. La Commission doit devenir un véritable gouvernement, rendant compte de son action devant le Parlement européen et devant le Conseil des chefs d’Etat ou de gouvernement.

Adam BAÏZ : Comment pourrions-nous convaincre les différents partenaires européens de la nécessité de se soumettre à une autorité européenne commune forte ?

Jean ARTHUIS : L’Europe nous a donné la paix sur le continent. Mais dans la guerre économique, elle est devenue le maillon faible qui est submergé par le chômage de masse et les déficits publics. La crise mondiale de 2008 met en évidence les dérives des banques et établissements financiers et le rôle des Etats dans la résolution des risques systémiques. Dès lors, le niveau européen s’impose comme gage de crédibilité. Toute régulation infra européenne devient gesticulation dérisoire. A cet égard, la zone euro est sans doute devenue l’embryon du fédéralisme. Les pays qui ont fait le choix d’abandonner leur monnaie nationale pour l’euro ont partagé une souveraineté. Malheureusement, ils n’en ont pas tiré les conséquences. La crise des dettes souveraines, notamment en Grèce, a révélé que la marche arrière conduirait au chaos général.  Il convient de donner à la zone euro un gouvernement économique, financier et budgétaire, prenant appui sur une Direction du Trésor européenne.

Adam BAÏZ : Dans quels domaines et sur quelles politiques pensez-vous que le fédéralisme européen est indispensable ?

Jean ARTHUIS : D’abord en matière monétaire. La Banque centrale européenne est de nature fédérale. Mais son président cherche vainement son interlocuteur politique, le ministre de l’économie et des finances, pour mettre en œuvre un policy mix propice au retour de la croissance et à l’inversion de la courbe du chômage. Nous avons besoin d’une politique énergétique et industrielle, de convergence fiscale et sociale. Mais nous devons veiller à ce que chaque pays membre se montre digne de l’Union européenne. N’attendons pas, nous Français, que l’Europe procède à notre place aux réformes structurelles que nous ajournons depuis des décennies. Trois cercles sont à distinguer : la zone euro (exigence de solidarité financière) 17 Etats, bientôt 18, le marché unique 28 Etats, peut être 27 si le Royaume-Uni se retire, et les Etats périphériques désireux de rejoindre l’Union européenne. L’urgence est tout à la fois sociale et économique.

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Portrait

AJAlain Juillet,
Président du Comité d'Orientation de l'Atelier de la République

 

Président du Forum International des Technologies de Sécurité (FITS), ancien capitaine d’Industrie, il fut le directeur du renseignement de la DGSE entre 2002 et 2003, puis en charge de la cellule Intelligence Economique à Matignon jusqu’en 2009. Il préside le Comité d’Orientation de l’Atelier de la République assure la Vice-présidence de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.


 

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