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L'Atelier de la République

L'Atelier de la République est un Think Tank indépendant, Humaniste et Progressiste qui place l'Homme au centre de ses réfléxions.

Qu’est-ce qui motive le grand nettoyage en cours au Quai d’Orsay ?

Emmanuel-DupuyDans cet interview réalisé pour Atlantico, Emmanuel Dupuy, Coordinateur du Groupe Défense et Membre du Comité d'Orientation de l'Atelier de la République commente le départ de plusieurs personalités du Quai d'Orsay.

Atlantico : Plusieurs personnalités du Quai d'Orsay ont récemment été remerciées. Mises en causes pour leurs erreurs d'analyse sur l'ensemble de la zone sahélienne, d'autres facteurs pourraient avoir participé à ces changements de têtes. Pouvez-vous nous décrire l'ampleur de ces remplacements, les raisons et les motivations évoquées ?

Emmanuel Dupuy : En effet, il semblerait que le ministère des Affaires étrangères poursuive désormais ostensiblement ce qui apparaissait jusqu’ici comme une véritable "chasse aux sorcières" menée plus discrètement. Cette traque interne des éléments jugés "hostiles" susceptibles de parasiter la conduite actuelle du dossier malien a fait au moins trois victimes, mais ce n’est qu’un début.

Après le limogeage brutal de la directrice de la Direction Afrique-Océan Indien (DAOI), Elizabeth Barbier, l’automne dernier, nommée depuis comme ambassadrice en Afrique du Sud, dont l’incompatibilité d’humeur avec Laurent Fabius était notoirement connue, c’est le sous-directeur Afrique de l’Ouest de la DAOI, Laurent Bigot qui vient, à son tour, de se voir notifier son congé "sous 48 heures" par sa hiérarchie, sans explication ni affectation. En charge du dossier malien, parmi les reproches les plus sérieux, figurent des prises de paroles répétées quant à la corruption endémique qui a gangréné le système politique malien sous le régime d’Amadou Toumani Touré et au-delà du Coup d’état du 22 mars 2012…

Il ne s’était, du reste, pas seulement contenté de focaliser ses critiques sur le Mali, mais n’avait pas hésité - au cours d’une conférence à l’FRI en juillet dernier, immortalisée par une vidéo qui circule dans les réseaux sociaux – à élargir son propos à plusieurs Etats de la bande sahélo-saharienne, notamment le Burkina-Faso ; où, il est vrai, le président Blaise Campaoré semble très affaibli, comme sont venues le prouver les dernières élections législatives et municipales de décembre dernier.

C’est, entre autre, cette critique dans la continuité qui lui est surtout reproché, au moment où la France cherche à ancrer la stabilisation politique à Bamako, à l’aune de la tenue des élections d’ici le 31 juillet prochain, condition préalable au passage de relais entre l’action militaire que Paris mène depuis maintenant deux mois, dans l’attente de la mise en place de la MINUMA (Mission des Nations Unies au Mali) d’ici avril ou plus vraisemblablement avant l’été.

Par ailleurs, Laurent Bigot s’était récemment montré très critique à l’encontre de la décision française de s’appuyer sur un gouvernement intérimaire contesté et une armée suspectée d’exactions à l’encontre des populations civiles, et, dans le même temps, de favoriser "exclusivement" le MNLA, en utilisant ses hommes pour mener à bien la bataille du Massif des Ifoghas.

N’oublions pas non plus, qu’avant lui, l’ambassadeur Jean-Félix Paganon - en poste au Caire, jusqu’à sa nomination en juin dernier par Laurent Fabius comme son Représentant spécial pour le Sahel - avait été remercié fin janvier. Celui-ci reste, lui aussi, toujours dans l’attente d’une nouvelle affectation. Ce dernier, bien que demeurant Conseiller diplomatique du Gouvernement, semble bel et bien écarté du dossier malien, dont il était pourtant un des fins connaisseurs.
Faut-il voir une motivation politique à ces remplacements dans la diplomatie française ? Que sait-on des remplaçants pressentis ?

Certains médias n’hésitent pas, en effet, à évoquer une "purge" sans précédent. C’est sans doute vrai quant à la forme, néanmoins certains diplomates éconduits avaient été nommés depuis mai 2007 !

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Portrait

AJAlain Juillet,
Président du Comité d'Orientation de l'Atelier de la République

 

Président du Forum International des Technologies de Sécurité (FITS), ancien capitaine d’Industrie, il fut le directeur du renseignement de la DGSE entre 2002 et 2003, puis en charge de la cellule Intelligence Economique à Matignon jusqu’en 2009. Il préside le Comité d’Orientation de l’Atelier de la République assure la Vice-présidence de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.


 

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