Mariage homosexuel : débat dans la salle des mariages de la mairie de Paris

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L’examen du projet de loi sur le mariage pour tous débutera ce mardi à l’Assemblée Nationale. L’opposition demande un débat national préalable, quand la majorité estime que « tout à été dit » et qu’il faut passer au vote de la loi. Le think tank l’Atelier de la République a donc décidé d’organiser son propre « grand débat », ce jeudi.

Un « grand débat » sur le mariage pour tous dans la salle des mariages de la mairie du 1er arrondissement de Paris. Plus qu’un clin d’œil, une volonté claire de donner le ton : sérieux et « respect des valeurs républicaines ». Question centrale de cette réunion publique : « l’ouverture du mariage civil aux couples du même sexe est-elle un progrès ? »
La polygamie revient sur le tapis

La petite salle est pleine à craquer, beaucoup de têtes grisonnantes sont venues. Et si le grand débat s’est vite mué en une succession d’exposés très pédagogiques, les questions du public ont fait ressurgir des interrogations habituelles : procréation médicalement assistée (PMA), gestation pour autrui (GPA), question de la filiation, mais aussi… la polygamie, dont un participant a rappelé qu’elle était pratiquée – bien qu’interdite – dans le département de Mayotte. « Est-ce que la question de l’égalité des droits conduira à une ouverture de ce débat ? », s’est-il interrogé.

Une référence qui a excédé Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la famille : « Sur la polygamie, de grâce, elle est interdite. En aucune façon il n’a été question de ça ». « C’est une loi d’égalité ; au nom de quoi pourrait-on interdire à certains citoyens d’avoir les mêmes droits et devoirs que les autres ? Cette loi n’enlève rien, aucun droit n’est retiré, c’est une démarche d’ouverture. La sexualité ne doit pas être un critère discriminant ».
Rama Yade : « Les socialistes ont tout gâché »

La discussion s’est ensuite focalisée sur la question du référendum. Didier Maus, spécialiste de droit constitutionnel, a balayé cette éventualité, impossible selon lui du point de vue du droit. « Le référendum est fait pour trancher des questions politiques, pas ce qui est au plus profond de nous, ce qui relève de l’intime ». Mais pas seulement : « le référendum est un bon sujet d’agitation politique mais un mauvais sujet de réflexion publique », selon lui. Studieuse, l’assemblée prend des notes.

Tout en rappelant son opposition au projet de loi et sa participation à la manifestation anti-mariage du 13 janvier, Didier Maus a regretté qu’une « union civile » pour les couples homosexuels n’ait pas été préférée au mariage, « ce qui n’aurait pas autant divisé le pays ».

Rama Yade, vice-présidente du Parti radical et favorable au projet de loi, a rappelé que « des dizaines de pays dans le monde pénalisent encore l’homosexualité, dont 6 par la peine de mort. Le mariage, du point de vue du droit, est une évolution naturelle ».

Après le débat, elle a estimé que les réactions épidermiques qui marquent la réflexion nationale sur le sujet - qu’elles émanent des pro ou des anti-mariage – étaient la responsabilité des socialistes : « Ils n’ont pas voulu organiser de débat, ils ont enflammé les positions des uns et des autres. Vincent Peillon a par exemple fait un procès d’intention à l’enseignement catholique. Ils ont tout gâché : ils sont partis avec une opinion publique a priori favorable, mais ensuite ils ont jeté l’opprobre sur des catégories entières de la population ».

Avant l’examen du texte, une manifestation nationale pro-mariage aura lieu ce dimanche à Paris. Objectif : « reprendre la rue » aux antis, qui ont rassemblé entre 340.000 et 800.000 personnes le 13 janvier.

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